Skip links

L’équipe

L’équipe de la Fondation de l’ENS est à votre disposition pour toute question sur les dons, les actions de la Fondation et les projets en cours.

DIRECTEUR
Jacques Massot

DIRECTRICE DE DÉVELOPPEMENT
Véronique Sentilhes

ATTACHÉE DE DIRECTION, COMMUNICATION ET DÉVELOPPEMENT
Sandrine Goes

Nous contacter

Normalien lettres de la promotion 1968, Jacques Massot est le directeur de la Fondation ENS

Rencontre avec Jacques Massot

Passer de l’agrégation de lettres classiques à une grande entreprise internationale ? Pour Jacques Massot, il n’y avait qu’un pas, qu’il n’hésita pas à franchir. Normalien, agrégé en 1971, ce voyageur dans l’âme a construit son parcours guidé par une boussole : le bonheur de la découverte et le plaisir d’entreprendre. De l’édition à la diffusion internationales chez Hachette puis à la direction des ressources humaines France du géant Airbus, rencontre avec un grand curieux.

« J’avais la fibre entrepreneuriale »

Tout au long de son parcours, Jacques Massot n’a eu cesse de se réinventer. D’abord directeur de l’édition et de la diffusion internationales chez Hachette en 1975, il rejoint ensuite en 1993 la direction de la communication et des ressources humaines du groupe Matra-Hachette devenu Lagardère, avant de devenir directeur des ressources humaines France d’Airbus lors d’une fusion-clé au sein du groupe. Il occupa ces fonctions jusqu’à son départ à la retraite en 2013. Depuis, Jacques Massot directeur bénévole de la Fondation de l’ENS soutient avec attention son développement. Rencontre avec celui qui a su se construire un parcours professionnel sur-mesure, guidé par les projets et ses envies.

Du lycée François Arago de Perpignan, Jacques Massot a gardé un phrasé lumineux et musical. Monté à Paris pour ses études supérieures, il passe d’abord par Louis-le-Grand, son internat et deux ans de khâgnes. Il intègre l’ENS en 1968, pour en sortir quatre ans plus tard, son diplôme et l’agrégation de lettres classiques en poche.

Mais au lieu de se diriger vers une carrière de professeur, ce qui aurait été considéré comme une suite logique, Jacques Massot opte sans hésiter pour le monde de l’entreprise : « je ne souhaitais pas faire des travaux de recherche, j’avais la fibre entrepreneuriale. Je souhaitais trouver un métier, j’étais attiré par le secteur privé où je savais pouvoir développer cette appétence. »

Il s’en souvient encore, c’est la lecture d’une petite annonce dans Le Monde qui a « chamboulé [s]on existence ». Il avait été nommé professeur à Drancy à la sortie de l’ENS mais rejoindra le monde de l’édition. ISTRA, une petite société qui présentait la particularité d’avoir une filiale commune avec Hachette, cherchait un « universitaire à même de succéder au directeur, au bout de quelques années ». Pour Jacques Massot, c’est l’opportunité qu’il attendait, sa candidature est retenue. Débute alors une carrière dans l’édition scolaire en France et dans les pays francophones.

« J’ai appris le métier sur le tas, au sein d’une petite société, et l’édition scolaire me passionna immédiatement, pour le lien qu’elle me permettait d’entretenir avec ma formation de normalien littéraire », explique-t-il. Dans les années 1980, il est nommé directeur d’Hachette Édition et Diffusion Internationales, filiale d’Hachette Livre de 80 personnes environ. Il y restera jusqu’en 1993.

Sa mission principale ? Concevoir, avec des équipes pédagogiques des différents pays, des manuels spécifiques en Français langue seconde et des méthodes de Français langue étrangère. Jacques Massot est ravi, ce poste mêle sa passion pour les Lettres et ses envies entrepreneuriales. « Il s’agissait pour moi d’une importante ouverture géographique, très enrichissante, puisque nombre de pays étaient concernés, sans compter la diffusion à l’international de tous les ouvrages écrits en français et diffusés par Hachette ! Mon rôle était plus large que celui d’un simple éditeur puisque je devais également trouver des financements pour l’achat des ouvrages scolaires auprès des organismes français ou internationaux concernés. » raconte-t-il avec enthousiasme.

Durant ces années chez Hachette, Jacques Massot a aussi l’occasion de participer à la création de sociétés d’éditions scolaires en Afrique au Sénégal, au Gabon et en Côte d’Ivoire, notamment. « Dix-huit ans de voyages, de grands souvenirs et de réelles joies professionnelles mais aussi des amitiés indéfectibles dans beaucoup de pays », se souvient l’ancien éditeur, empreint d’une légère nostalgie.

De l’édition à l’industrie

En décembre 1992, c’est la création de Matra Hachette suite à la fusion-absorption de Hachette par Matra, puis de Lagardère Groupe. Et après 18 ans dans la diffusion et l’édition internationales, Jacques Massot saisit l’occasion pour changer d’univers professionnel : « c’était un poste incroyable, qui m’a beaucoup apporté, mais j’en avais fait le tour. J’ai changé radicalement de métier car j’avais l’intime conviction qu’il fallait que je me renouvelle et sois plus présent auprès de mon épouse et de nos trois enfants. J’ai eu beaucoup de chance et ce fut une vraie belle aventure professionnelle ! »

Grâce au soutien de Philippe Camus, ami normalien connu à l’École, il rejoint d’abord la direction de la communication et des ressources humaines du groupe Matra-Hachette devenu Lagardère en 1993. Après avoir, là-aussi, appris le métier sur le tas pendant six ans, se sont présentées rapidement « deux aventures passionnantes » : la fusion Aérospatiale-Matra en 1999 puis un an après, la création du groupe European Aeronautic Defence and Space  Company (EADS) autour d’Aérospatiale-Matra, DASA, et CASA, sociétés française, allemande et espagnole.

Jacques Massot joue dans ces opérations un rôle « quelque peu atypique » de DRH, où il est chargé avec ses homologues allemand et espagnol de travailler à l’intégration des équipes des trois nationalités : « j’ai beaucoup aimé les relations sociales et toutes les relations humaines indispensables dans ce rôle de DRH “ intégrateur”, se rappelle-t-il. La langue de travail était l’Anglais et toutes les fonctions étaient intégrées avec des équipes mixtes des trois nationalités, sans juxtaposition. J’ai été un DRH plus opérationnel que fonctionnel et cela correspondait à mon tempérament. »

Cet ancien directeur des ressources humaines tient d’ailleurs à rappeler une règle d’or, qui lui a permis de mener à bien sa mission : « dans une fusion – à trois en l’occurence – il est important de ne pas imposer aux deux autres la solution ou le modèle du troisième mais trouver un dénominateur commun ou une synthèse acceptable et pérenne pour les trois, quitte à prendre plus de temps. »

« Les entreprises recherchent des généralistes avec une hauteur de vue et un esprit de synthèse »

Dix ans plus tard, lorsque Jacques Massot part à la retraite en 2013, EADS était devenu Airbus. Riche de l’expérience et du recul sur sa carrière, il dispense volontiers point de vue et conseils à ceux qui voudraient poursuivre une carrière en entreprise, notamment aux étudiants et étudiantes de l’établissement qui fut autrefois son école. « Il faut de l’envie et se jeter à l’eau si l’on sent que l’on a la fibre entrepreneuriale. Il ne faut surtout y aller “par défaut “. Pourquoi ne pas débuter par un stage ou un contrat d’apprentissage pour tâter le terrain et faire ses premières armes ? C’est une façon de mettre le pied à l’étrier et cela marche souvent. N’hésitez pas à faire appel au réseau du Club des normaliens dans l’entreprise car ses membres sont toujours prêts à aider un condisciple. »

Pour Jacques Massot, il est aussi important d’être humble, sans pour autant se sous-estimer : « je pense particulièrement aux littéraires souvent trop timides. Le fait d’être sans spécialisation, n’est pas un handicap, au contraire ! Les entreprises recherchent précisément des généralistes avec une hauteur de vue et un esprit de synthèse qui font la différence, par rapport à d’autres candidats diplômés trop formatés. C’est ainsi que les cabinets d’audit, par exemple, recherchent les normaliens littéraires auxquels ils proposent, à l’embauche, un complément de formation dans les disciplines nécessaires, notamment financières. Je citerais aussi tout ce qui a trait à la stratégie, à la responsabilité sociale de l‘entreprise, à l’écologie et à l’environnement où les normaliens et normaliennes tireront j’en suis sûr, leur épingle du jeu. »

L’ancien DRH insiste aussi sur la nécessité de maîtriser parfaitement au moins deux langues vivantes : « c’est une obligation car les sociétés sont de plus en plus internationales. Il faut pouvoir rivaliser avec les écoles de commerce dans ce domaine ! »

Jacques Massot garde de nombreux souvenirs de ses années à l’École normale, et se rappelle volontiers : « la grande liberté, l’éveil de ma conscience politique, les cours géniaux, un épanouissement et enrichissement personnel grâce à la mixité entre littéraires et scientifiques, même si malheureusement il n’y avait pas encore de mixité des genres de mon temps. »

Il évoque aussi  un épisode drôle et animé de ses années d’ École : le séminaire de Jacques Lacan qui s’est tenu, un temps, salle Dussane, « chahuté par les potaches normaliens dans une salle comble, emplie d’auditeurs venus de tous horizons et de tous les arrondissements de Paris, le célèbre psychanalyste  a dû se résoudre à changer de  lieu… » Jacques Massot était aussi sensible à la vie du campus, où la pratique de certains sports lui a permis de connaître de nombreux scientifiques, qui sont restés des amis : « notre équipe de rugby est monté une année en « Excellence » et j’ai réussi à remporter la coupe Bouglé de tennis. »

En 2013, lorsque Dominique D’Hinnin, ami normalien connu dans le Groupe Lagardère, propose à Jacques Massot le poste de directeur de la Fondation de l’ENS, il accepte sans hésiter. Il occupe désormais cette fonction depuis sept ans, un engagement bénévole essentiel à ses yeux : « cela me permet, dans la mesure de mes moyens, de payer de retour l’École pour tout ce qu’elle m’a apporté et qui s’avère inestimable. Il m’a été proposé de faire redémarrer la Fondation et de la développer. C’est une marque de confiance à mon endroit, le défi me plaît et je m’investis pleinement avec ma petite équipe, ô combien passionnée, elle aussi. »

« Les réussites de la Fondation sont collectives »

« La Fondation se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins et – sans fausse modestie, puisque c’est une réussite collective –  victime de ses succès ! » se réjouit Jacques Massot. Parmi les projets à soutenir, il cite volontiers QBio qui sera « le premier centre européen en biologie quantitative » et le travail entrepris pour être en capacité de dispenser des bourses sur critères sociaux, destinées à apporter des compléments de rémunération indispensables aux étudiants-normaliens.

« L’équipe de la fondation, Sandrine Goes, Véronique Sentilhes et moi-même sommes chargés de trouver des donateurs individuels ou des entreprises, attirés par les axes de développement stratégiques définis par l’École au travers de sa fondation. Nous avons recruté, depuis plus d’un an, une Directrice du développement, Véronique Sentilhes, qui nous apporte ses grandes compétences dans le domaine du mécénat », détaille Jacques Massot. « Je voudrais aussi citer Stéphanie Troufflard si efficace en tant qu’interface de l’École pour la fondation ».

La Fondation, dans les cinq dernières années, a aussi renoué le contact avec les archicubes de l’École, « qui se sont montrés favorables aux levées de fonds et ont prouvé leur profond attachement à leur Alma mater. »
Grâce à leur contribution et à leur soutien, la Fondation a déjà pu financer des projets variés, comme la rénovation d’une salle de la bibliothèque Lettres de l’ENS, l’achat d’un piano, d’instrument de laboratoires… De nombreuses chaires ont été aussi mises en place avec de grands groupes, français et internationaux.

Jacques Massot et son équipe ont aussi mis en place un cadre de gouvernance de la Fondation gage de confiance pour tous les donateurs. Comité des placements, d’audit, charte de déontologie, comité de campagne, tout cela est désormais en ordre de marche, « avec une grande mobilisation d’archicubes à la tête de ces instances », que le directeur de la Fondation tient à remercier. « Ils nous font bénéficier de leurs compétences et de leur expertise sans ménager leur temps, et tout cela pro bono ! »

La Fondation dispose aussi d’une « sœur » aux États-Unis, Friends of École normale supérieure, « les nombreux normaliens qui sont implantés outre-Atlantique commencent eux aussi à  faire bénéficier l’École de leur importante contribution. »
« Les réussites de la Fondation sont collectives, rendues possibles grâce à nos généreux donateurs et soutiens, mais aussi grâce à nos partenaires de l’ A-Ulm, du Club des normaliens dans l’entreprise et à l’aide constante des responsables des différentes directions de l’École autour de Marc Mézard, sans lesquels nous n’aurions pu nous développer », conclut Jacques Massot avec chaleur.

Article initialement publié sur le site ens.psl.eu

Chronologie

1968 : Jacques Massot entre à l’École normale supérieure (concours Lettres).

1972 : Il reçoit le diplôme de l’ENS et l’agrégation de Lettres classiques.

1973 : Il rejoint la société d’édition ISTRA, qui dispose d’une filiale commune avec Hachette.

1980 : Matra acquiert le groupe Hachette spécialisé dans l’édition de livre (Grasset, Fayard, Stock, etc.), la presse (Elle, Le Journal du Dimanche, etc.) et la distribution.

1983 : Jacques Massot est nommé directeur d’Hachette Edition et Diffusion Internationales, filiale d’Hachette Livre. Il devient diplômé de l’ ICG (Institut du contrôle de gestion )

30 décembre 1992 : Après l’échec de La Cinq, création de Matra Hachette suite à la fusion-absorption de Hachette par Matra, et de Lagardère Groupe, société faîtière de l’ensemble du Groupe qui adopte le statut juridique de société en commandite par actions.

1993 : Jacques Massot rejoint la direction de la communication et des ressources humaines du groupe Matra-Hachette qui deviendra plus tard Lagardère.

1996 : Absorption de Matra Hachette par Lagardère Groupe qui prend à cette occasion la dénomination de Lagardère SCA.

1999 : Jacques Massot devient directeur des ressources humaines France de ce qui deviendra Airbus et s’occupe de la gestion de la fusion Aérospatiale-Matra, puis de la création du groupe “European Aeronautic Defence and Space  Company “(EADS) autour d’ Aérospatiale-Matra, DASA, et CASA, sociétés française, allemande et espagnole.

1999 : Création d’Aerospatiale Matra suite au rapprochement des activités d’Aerospatiale et de Matra Hautes Technologies.

2000 : Création du consortium EADS suite à la fusion entre Aerospatiale Matra, CASA et DaimlerChrysler Aerospace.

31 juillet 2013 : Le conglomérat industriel européen d’aéronautique et défense EADS a annoncé se rebaptiser Airbus, adoptant ainsi le nom de la division qui assure la plus grande part de son chiffre d’affaires. Cette même année, Jacques Massot prend sa retraite.

2014 : Jacques Massot devient directeur de la Fondation ENS. Il devient Administrateur de société certifié (Diplôme Sciences- Po / IFA).